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Cahier n°12 - Juillet 2016

Les cahiers de la Chaire EGE, 2016, n°12

Auteurs 

Nicolas Berland : Professeur, Université Paris Dauphine
Pierre Labardin : Maître de conférences, Université Paris Dauphine
Marie Redon : Doctorante, Université Paris Dauphine

 

Qui sont les DAF, ces acteurs de la financiarisation ?

Cet article s’intéresse aux trajectoires professionnelles des directeurs administratifs et financiers (DAF). Ce groupe professionnel, en pleine expansion depuis les années 1980, voit son influence s’accroître avec la financiarisation de l’entreprise. Au moyen d’une étude périodique des Curriculum Vitae de 240 DAF, nous cherchons à comprendre comment, la financiarisation oriente leurs trajectoires professionnelles, façonne leur identité, et renforce leur légitimité dans l’entreprise. Ces recherches constituent un premier pas vers la compréhension de l’influence qu’ont ces acteurs dans le processus d’institutionnalisation de la finance au sein de l’entreprise, et contribuent aux courants de la financiarisation et de la sociologie de la finance.

Performativité de l’expertise immobilière et valorisation comptable
Etude d’un ensemble immobilier (1977-1988)

Ce travail propose de suivre les valorisations et les prix d’un ensemble immobilier entre 1977 et 1988 à partir d’une approche historique. Ce travail archivistique permet de mettre en évidence deux évaluations, la valorisation comptable et deux prix de transaction que nous contextualisons. Cette recherche se fait dans un double cadre théorique : celui de la performativité d’une part et de la sociologie de l’expertise d’autre part. Les résultats de la recherche permettent d’éclairer le lien complexe entre prix et valeur. La valeur, loin d’être un simple reflet d’un prix préexistant peut se comprendre comme un outil de construction du prix. À rebours des cadres conceptuels des IFRS, cette analyse a deux conséquences comptables. D’abord, elle permet de lire l’introduction de l’expertise, non comme un élément limitant les comportements opportunistes, mais plutôt comme un outil de manipulation des valeurs et des prix. Ensuite, cette recherche met en évidence les risques qu’un coût historique non réévalué fait courir à des entreprises en difficulté : celui de voir apparaître des repreneurs cherchant uniquement des valorisations d’actifs court-termistes.